Les travaux de Marc Sciamanna, enseignant-chercheur, dans la revue Nature Photonicss Actualités

 

 

Un industriel à la tête du jury du Prix de la Publication de la Fondation Supélec

 

 

Interview de Sylvain Allano, Directeur scientifique et technologies futures de PSA Peugeot Citroën

 

 

Membre du Conseil Scientifique de Supélec et de la Fondation Supélec, membre du Comité de Direction de l’Ecole en tant que personnalité extérieure et référent du Conseil de Coopération avec l’Industrie et les Services (CCI&S), Sylvain Allano est pour la deuxième année consécutive le Président du Jury du Prix de la Publication de la Fondation Supélec. Le Directeur scientifique et technologies futures de PSA Peugeot Citroën est une personnalité-clef au sein de Supélec qu’il connaît de longue date.

 

 

Sylvain AllanoPortrait

Public ou privé ? Voilà une question que Sylvain Allano, actuel directeur scientifique et technologies futures de PSA, ne s’est jamais posée, parce qu’estime-t-il, « j’ai toujours eu le sentiment que je pouvais être libre dans les deux univers ». C’est ainsi qu’après une maîtrise, une agrégation et un doctorat d’électronique à l’Université Paris-Sud, il est devenu assez logiquement chercheur au CNRS pendant cinq ans. En 1988, il commence à conjuguer public et privé en devenant concomitamment Professeur des Universités grâce à un doctorat d’Etat obtenu à l’Université Pierre et Marie Curie et consultant brevet dans un cabinet parisien installé avenue de la Grande Armée. « J’ai appris le métier des brevets, des licences et de tout cet univers juridique jusqu’à créer avec un associé mon propre cabinet de conseil en propriété industrielle sur le Plateau de Saclay en 1992 ». Tandis qu’il poursuit ses activités d’enseignement à l’ENS Cachan, l’activité logicielle se développe et pour ses clients créateurs de start-up, il s’investit dans le droit des brevets américains et se spécialise dans les questions de brevetabilité difficile. Il décide de se consacrer à son cabinet à plein temps en 1994. Après avoir essaimé à Montpellier et à Versailles, le virus universitaire le touche à nouveau. Fin 2000, il prend la direction du laboratoire SATIE (Systèmes et Applications des Technologies de l’Information et de l’Energie) à l’ENS Cachan. Entre 2001 et 2005, il rencontre les équipes de Supélec et du LGEP pour initier la création du SPEE Labs, un pôle de génie électrique constitué de quatre laboratoires d’Ile-de-France Sud : le département Energie de Supélec, le LTN de l’INRETS (devenu IFSTTAR), le SATIE de l’ENS Cachan et le LGEP (Laboratoire de Génie Electrique de Paris). Depuis lors, Sylvain Allano collaborera régulièrement avec Supélec en tant que directeur scientifique adjoint du CNRS entre 2006 et 2009. Durant cette période, il découvre le campus de Metz, avec le LMOPS et l’UMI Georgia Tech, auquel il contribue « à redonner force et vigueur auprès d’Abdallah Ougazzaden et d’Alain Bravo », ainsi que le campus de Rennes avec l’IETR. En 2010, il rejoint le groupe automobile de l’avenue de la Grande Armée – avenue sur laquelle il a fait ses premières armes dans le privé plus de vingt années auparavant.

 

Sylvain Allano, vous êtes depuis début 2010 le directeur scientifique et technologies futures de PSA Peugeot Citroën. Que recouvre le terme de technologies du futur pour cet acteur majeur de l’automobile ?

Les technologies du futur, ce sont l’ensemble des activités scientifiques amont dédiées à la préparation de l’avenir de l’automobile et de la mobilité. Si l’on parle en termes de niveau de maturité technologique (TRL : Technology Readiness Level), elles concernent les niveaux de 1 à 3, c’est-à-dire depuis les travaux effectués dans des laboratoires de recherche académiques - et donc les partenariats avec ces laboratoires - jusqu’à l’obtention de preuves de concept et la réalisation de démonstrateurs. Ce sont ces technologies qui rentrent par la suite dans le processus d’innovation.

 

Vous parlez de partenariats avec des laboratoires académiques. Quels sont-ils avec Supélec ?

Pendant ces quatre dernières années, j’ai monté avec mes équipes de nombreux partenariats parce que de bonnes connexions avec le monde académique en France, en Europe et à l’international étaient nécessaires pour mettre en œuvre une politique ambitieuse d’innovation ouverte pour notre Groupe. Là, j’ai retrouvé Supélec à travers la chaire Armand Peugeot sur les technologies hybrides et l’économie de l’électromobilité, qui associe Supélec, Centrale Paris et l’Essec et dans laquelle la Fondation Supélec est partie prenante, ainsi qu’à travers l’Open Labs sur les matériaux et procédés que nous avons monté à l’UMI Georgia Tech et, qui, par conséquent, implique le campus de Metz.

 

D’un point de vue stratégique, comment se positionne PSA Peugeot Citroën par rapport à ses partenaires académiques ? Qu’en attend le groupe ?

Ce que nous attendons, c’est une ouverture vers des mondes que nous ne connaissons pas. Dans notre Groupe, il y a plus de 120 métiers, qui adressent tous les domaines technologiques de l’automobile. Nous avons plus de 11 000 ingénieurs et techniciens dont beaucoup sont aussi des inventeurs. PSA est depuis plusieurs années le premier déposant en France avec environ 1200 demandes de brevets par an. Donc, nous n’attendons pas de nos partenaires académiques d’être des experts métiers ou d’être des inventeurs de technologies dans l’automobile. On attend d’eux d’ouvrir avec nous de nouveaux champs scientifiques sur des territoires que nous ne connaissons pas ou pour lesquels nous n’avons pas les moyens humains et scientifiques de le faire. Ce que l’on cherche avec eux, c’est notamment à détecter des signaux faibles – c’est-à-dire des pistes scientifiques, technologiques ou sociétales, comme par exemple de nouveaux matériaux, de nouveaux composants, de nouvelles approches sur la conversion d’énergie ou le traitement du signal, ou encore de nouvelles tendances dans les modes de vie ou les pratiques de mobilité. Et que ces signaux faibles sur des nouvelles technologies ou les nouvelles tendances, nous puissions, avec nos partenaires académiques, les interpréter, les amplifier et puis mettre au point des pépites technologiques qui sont en fait des promesses et des opportunités pour le véhicule du futur. Nous attendons surtout de nos partenaires qu’ils soient au top dans leur domaine scientifique et que leur excellence soit reconnue par leurs pairs.

 

Ce qui vous importe, c’est donc tant les compétences techniques de votre partenaire académique que le positionnement très amont de sa recherche.

Effectivement. Mais je serais patron de PME, j’aurais une approche différente. Un patron de PME peut lui-aussi avoir besoin d’un partenariat avec une école d’ingénieurs ou des laboratoires de recherche mais sur des domaines qui ne sont pas nécessairement des domaines très amont, parce que lui a bien souvent besoin d’un relais de transfert de technologies à court terme. Sur la question du transfert technologique, PSA a fait le choix d’être membre des instituts de recherche technologique (IRT) Jules Verne à Nantes, M2P à Metz, SystemX à Saclay et de l’Institut de transition énergétique (ITE) VeDeCoM sur le Véhicule Décarboné Communicant.

 

Le positionnement de PSA – qui investit dans la recherche amont – est relativement atypique, même parmi les grands groupes. Les académiques et les industriels ont parfois des difficultés à se rencontrer sur une même temporalité. PSA a-t-il toujours eu cette volonté de soutenir la recherche amont ?

Non pas toujours autant qu’aujourd’hui. Il y a quelques années, l’approche était en quelque sorte plus utilitaire à l’égard des académiques : nous leur demandions de nous résoudre tel ou tel problème mais dans une relation relativement court terme. Cela s’est fait d’ailleurs dans beaucoup de groupes industriels du fait de la réduction des effectifs de la recherche amont. Or PSA Peugeot Citroën, comme Renault, est dans une industrie qui est à l’aube d’un ensemble de ruptures technologiques. On ne les ressent pas de l’extérieur parce que finalement les voitures actuelles sont toujours faites à partir d’une caisse en acier que l’on habille et équipe ensuite. Désormais, on y met de plus en plus d’électronique et on les rend connectées. Mais, en définitive, cela ne change pas beaucoup de la voiture d’il y a 20-30 ans : on a simplement amélioré et intégré de nouvelles technologies. Or, là, on est à l’aube de quelque chose de plus radical. (…)Il va y avoir une première révolution technologique sur la caisse de la voiture qui ne sera plus seulement en acier mais une combinaison de matériaux, notamment de composites. (…)Ensuite, avec la voiture connectée, c’est véritablement dans les usages qu’il va y avoir une révolution. (…) Enfin, d’autres choses vont changer comme la santé et le bien-être à bord, avec notamment une approche polysensorielle. On peut dire que dans une dizaine d’années, on aura une relation à la voiture totalement changée.

Et comme nous avons ces besoins et que nous ne pouvons pas réunir en interne toutes les compétences pour adresser ces champs du futur, nous avons créé des Open Labs et des chaires, dans une démarche d’innovation ouverte.

 

Est-ce que vous « jouez français » par rapport à vos partenaires académiques ?

PSA Peugeot Citroên est un groupe français à vocation globale car les marchés automobiles le sont désormais. Le réseau de partenariats scientifiques et technologiques que nous avons construit depuis quatre ans se devait donc d’être global, à l’image de notre Groupe. Ce réseau, dénommé StelLab pour « Science & Technology Lean Lab ». Nous avons ainsi construit dix Open Labs et sept chaires de mécénat en France, cinq partenariats académiques « Open Lab/chaire » en Chine et un Open Lab au Brésil, de façon à couvrir tous les champs scientifiques et technologiques d’intérêt pour le véhicule du futur.

 

Vous avez parlé France et Chine, y a-t-il d’autres pays dans lesquels vous menez cette politique ?

Au Brésil, nous avons créé un Open Labs à l’Université PUC de Rio de Janeiro sur les bio-carburants et les moteurs omnivores dont on imagine dans le futur qu’ils puissent absorber différents types de carburants, bio ou non. Et puis, nous avons créé sur le campus de GeorgiaTech à Atlanta aux USA, une extension, dédiée à la robotique, de notre Open Labs « Materials & Process » de Metz, celui d’ailleurs dans lequel Supélec est partenaire. Enfin, nous avons monté sur le campus de l’EPFL en Suisse une cellule d’innovation et d’intelligence technologique, qui est partie intégrante de de notre réseau international StelLab.

 

A travers ses différents partenariats académiques, PSA contribue à l’emploi de nombreux doctorants et docteurs. Afin de vaincre certains a priori sur ce diplôme, qui est amené à devenir dans un futur proche une valeur de référence, Supélec a mis en œuvre depuis plusieurs années une politique de formation de ses doctorants pour l’entreprise. Nous aurions aimé savoir, d’une part si vous partagez notre analyse et d’autre part si PSA a une politique particulière à destination des docteurs ?

Tout d’abord, je partage votre analyse. Malheureusement, la France - et en particulier dans les grandes entreprises - se distingue de beaucoup de pays développés et a une image assez décalée du doctorant. Heureusement, on se soigne. D’abord parce que les grandes écoles, que ce soit Supélec, Centrale ou encore Polytechnique, ont pris le virage d’inciter leurs étudiants à mener un doctorat. Le second point, c’est que les DRH des grands groupes connaissent maintenant mieux ce qu’est le doctorat et savent aujourd’hui recruter des docteurs. A ce titre, le MEDEF, avec sa commission sur le doctorat en entreprise, y a contribué significativement. On peut dire maintenant que les acteurs du monde du recrutement et de l’entreprise prennent le problème à bras le corps.

Du côté de PSA, lorsque je suis arrivé dans le groupe, j’ai constaté que les docteurs n’étaient pas si nombreux. Même dans la recherche amont, je rencontrais de jeunes ingénieurs brillants, diplômés de grandes écoles, mais qui n’avaient pas fait de doctorat. Alors que, dans le même contexte, en Allemagne ou aux Etats-Unis, ils auraient été tous titulaires d’un PhD. Tant que nous avons pu recruter en externe des ingénieurs ou des universitaires, j’ai donc veillé à ce qu’ils aient un doctorat.

Aujourd’hui, pour des raisons économiques et conjoncturelles, nous avons mis en stand-by les recrutements de jeunes diplômés. Mais, il est certain que dès que nous serons à nouveau en capacité de recruter, nous poursuivrons notre politique en direction des jeunes docteurs.

Parallèlement, quand j’ai pris conscience que beaucoup de jeunes entre 30 et 40 ans, ayant des activités scientifiques dans l’entreprise, n’avaient pas de doctorat, j’ai créé avec Jean Chambaz, le président de l’Université Pierre et Marie Curie, le programme de doctorat exécutif. C’est un programme inspiré par le MBA executive, qui permet à de jeunes ingénieurs en poste de s’inscrire en école doctorale et de préparer une thèse tout en conservant leur activité d’ingénieur et de manager.

Enfin, j’en profite pour saluer le groupe de travail organisé au sein du CEDEFI, auquel j’ai participé et qu’animait Alain Bravo, et dont l’action avait pour but de donner une reconnaissance au parcours doctoraux suivis par les élèves d’écoles d’ingénieurs..

 

Quelles sont les qualités attendues de la part ces docteurs et quelles sont celles qu’ils peuvent exploiter tout au long de leur future carrière dans l’industrie ? Qu’apportent-ils à l’entreprise ?

Le parcours doctoral, c’est surtout l’apprentissage de l’humilité et du doute. Le jeune doctorant sorti de son école d’ingénieur ou de son master en université, se heurte généralement pour la première fois à la difficulté de se dire : « mais comment je vais résoudre ce problème », « comment mes travaux vont se distinguer de cet « océan » que constitue toute la matière scientifique déjà publiée ». Et souvent, il y a une forme de doute qui s’installe dans les premiers mois, voire parfois tout au long du travail doctoral. Ceux qui s’en sortent bien, ce sont ceux qui arrivent à positiver leur doute et leur solitude même lorsqu’ils sont bien encadrés. Mais le doctorat est une école d’ouverture d’esprit parce qu’il faut aller chercher ailleurs, se dépasser, « se bouger » pour arriver à quelque chose d’original qui soit exploitable et utile à la communauté scientifique. Après, on y apprend aussi la rigueur et la discipline, notamment lors de la rédaction du mémoire de thèse. Et puis, ce sont aussi les premières rencontres au sein de communautés scientifiques étendues et internationales, avec les participations formatrices aux conférences et colloques… C’est donc une très belle période de formation par la recherche et à la recherche.

Ce que l’on attend des docteurs, c’est de ne pas s’enfermer dans un sujet et de trop se spécialisée. S’ils ont ainsi passé plus de trois ans à travailler sur un composant électronique spécifique ou sur un algorithme de traitement du signal ou de l’image, et bien, il faut surtout qu’ils l’ « oublient » et qu’ils acceptent de travailler sur bien d’autres sujets après leur thèse. Parfois certains sont déçus de ne pas pouvoir poursuivre indéfiniment leur activité de recherche dans la stricte continuité de leurs travaux de thèse. En réalité, ce qui importe pour leur développement professionnel, ce n’est pas tant le contenu intrinsèque de leurs travaux de thèse que les méthodologies et la maturité qu’ils ont acquises pendant leur période doctorale.

 

Que diriez-vous aux jeunes diplômés pour les inciter à poursuivre en doctorat ?

Cela me fait mal au cœur de voir de jeunes ingénieurs sortant de grandes écoles qui pensent que leur diplôme leur suffit pour faire de la R&D à l’international et y prendre des responsabilités managériales. C’est dramatique parce qu’ils sont dans l’illusion. S’ils restent en France, c’est encore jouable, notamment dans les grands groupes industriels, dans la mesure où la génération qui dirige ces groupes n’a pas fait de thèse et peut encore tout à fait admettre qu’un responsable de centre de recherche industrielle n’ait pas de thèse. Mais, dès que vous passez les frontières, si vous n’avez pas de doctorat, il vous sera très difficile de devenir patron d’un centre de R&D. A ces jeunes-là qui ont un projet de carrière R&D à l’international, je leur dis : « fais l’effort pendant 3 ans, il sera largement amorti ».

 

A Supélec, les doctorats sont financés en grande partie par le dispositif CIFRE, donc par des industriels. La Fondation Supélec contribue quant à elle à financer la recherche amont en attribuant notamment des bourses sur des sujets qui ne trouvent pas de partenaires industriels. Pour vous, ce positionnement sur la recherche amont vous semble-t-il stratégique ?

C’est une opportunité extraordinaire pour Supélec. Parce qu’en fait, la Fondation, par sa mission de financer la recherche amont, permet à Supélec d’attirer des pointures scientifiques. Quand on voit la réussite de l’EPFL (Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne) au niveau international et qu’on l’analyse, c’est pour une grande partie sa capacité à attirer des chercheurs étrangers et à les rémunérer au niveau du marché international, qui l’a construite. Cela, il n’y a que les fondations qui peuvent le faire.

 

Le Prix de la Publication de la Fondation Supélec s’insère dans toute une stratégie de renforcement de la visibilité internationale de Supélec. Il a pour but de valoriser les publications des doctorants Existe-t-il aussi en entreprise, chez PSA, des incitations à la publication ?

Absolument, tous nos chercheurs et nos ingénieurs de la direction scientifique, sont incités à publier et ils le font. En fait, notre Direction scientifique un taux de publication qui correspond pratiquement au standard requis pour les chercheurs publiants. Cette politique de publication est d’ailleurs compatible avec notre politique de propriété industrielle. Nos ingénieurs ont tout de suite le réflexe, lorsqu’il y a matière à brevet, à déposer une déclaration d’invention et généralement ils publient dans la foulée du dépôt de la demande de brevet. Le taux de publication a été grandement augmenté depuis la création en France et à l’international de nos quinze Open Labs qui génèrent un effet d’entraînement et de stimulation. En effet, les publications sont de plus en plus conjointes entre les ingénieurs de PSA Peugeot Citroën et les chercheurs académiques, qui eux sont incités à publier dans le cadre de leur évaluation. Ainsi, parmi les 70 ingénieurs scientifiques de notre Groupe, certains publient autant ou plus que les bons chercheurs académiques dans leurs domaines de recherche, La moyenne observée étant d’une à deux publications par an dans une bonne revue ou une conférence internationale.

 

Quelles ont été vos motivations pour accepter de devenir Président du Jury du 4e Prix de la Publication de la Fondation Supélec ?

Je ne suis pas un obsédé de la bibliométrie dont on connaît les dérives des indicateurs mais cela me fait plaisir de voir que l’on accorde un prix de la publication. D’autre part, je suis très attaché à Supélec même si je ne suis pas un de ses anciens. Je trouve que l’école a un très bon modèle. En plus, je remercie beaucoup Supélec d’avoir pris le virage de l’Université Paris Saclay. En fait, Supélec a contribué très largement à la réussite du projet. C’est la raison pour laquelle je participe à toutes les opérations, je soutiens Supélec et j’essaie d’agir pour l’école.

 

Dernier point, pour conclure, quel est votre avis d’industriel sur le projet CentraleSupélec dont on attend le décret prochainement ?

En tant que Président du Conseil Scientifique de Supélec et membre du Comité de Direction de Supélec, j’ai vécu et je vis les étapes de ce projet quotidiennement. J’y suis complètement favorable. Je serais d’ailleurs bien en peine de dire le contraire tant j’ai œuvré – à ma place – pour que ce projet puisse réussir.

En créant CentraleSupélec, on donne naissance à une école de rang international dont le format commence à être visible. De plus, les cultures respectives de Supélec et de Centrale ont atteint un point de convergence et l’on sent bien qu’il y a une aspiration commune à travailler ensemble. Les thématiques sont complémentaires : Centrale a des positions fortes sur le génie industrielles, sur le management, sur les questions énergétiques et sur les matériaux; tandis que Supélec est réputé dans les domaines de l’électromagnétisme, de l’informatique, du traitement du signal, de l’électrotechnique et des réseaux d’énergie… Tout ceci fait que finalement, il n’a pas été très difficile de compléter les pièces du puzzle. De plus, les deux écoles sont reconnues en France et à l’International. Je ne vois donc vraiment aucun nuage noir au-dessus d’une telle association.

 

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