Rapport Moral et Financier 2012 Actualités L’Alliance Centrale Supélec : la marque commune



Dorin Panaitopol, docteur Supélec



Entre Asie et Europe







Quel est votre parcours ?

Après avoir obtenu en 2005 un diplôme Bac+5 de l’Ecole Polytechnique de Bucarest, spécialité Communications Mobiles et par Satellite, je me suis décidé à faire un master à Supélec, dans le cadre du département Télécom. Au cours du deuxième semestre du master, j’ai eu l’opportunité de faire un stage et de travailler 7 mois pour Alcatel-Lucent.

En 2007, j’ai commencé une thèse de doctorat en cotutelle (« Joint PHD ») avec l’Université de Singapour (National University of Singapore – NUS), ce qui a apporté à mon travail une dimension multiculturelle indéniable.

Ma thèse s’est déroulée à Paris et à Singapour : un fait extraordinaire pour moi, d’autant plus que je suis citoyen Roumain. A Paris, j’ai travaillé dans mon laboratoire de Supélec, au département Télécom, sous la direction de Dr. Jocelyn Fiorina, auquel je voudrais adresser mes remerciements.


A Singapour, j’ai vécu un an et demi, sur deux périodes distinctes : 7 mois (août 2007 – février 2008) j’ai travaillé dans le cadre du département ECE « Electrical and Computer Engineering », ma thèse étant dirigée par Dr. Chen-Khong Tham et Dr. Peng-Yong Kong; lors de mon deuxième séjour (mai 2009 - janvier 2010), j’ai travaillé avec la I2R (Infocomm Institute of Research). Je profite de cette occasion pour remercier également mes tuteurs de Singapour.

J’ai publié 7 articles dans IEEE et j’ai eu un article accepté et un autre soumis pour paraître dans des journaux. J’ai aussi déposé un brevet. Publier est important. En fait, il s’agit d’un signe de reconnaissance. Si on est publié, cela signifie que nos recherches sont vraiment nouvelles et qu’elles apportent quelque chose d’intéressant.

Le 5 juillet dernier, j’ai soutenu ma thèse de doctorat. L’amphithéâtre Blondel de Supélec a été relié avec le jury de Singapour par une visioconférence qui a duré environ 2h30. A la fin de ma soutenance, on m’a dit que cela a été une première pour Supélec : c’était le premier doctorat en cotutelle avec la NUS.


Comment votre projet a-t-il pu être financé ?


Le montage financier de mon projet s’est fait à l’aide du programme EGIDE  (programmes d’accueil d’étudiants étrangers boursiers, stagiaires ou de chercheurs pour le compte d’institutions ou d’entreprises). La Fondation Supélec a ensuite pris le relai.

Comme j’ai eu la possibilité de comparer deux systèmes d’enseignement, il me paraît important de mentionner que les procédures en France et à Singapour sont différentes. A Supélec, l’obtention d’une bourse, et par conséquent d’un financement, est conditionnée par le sujet et c’est toujours le professeur, à savoir la personne qui encadre la thèse, qui propose le sujet.  La durée d’une thèse est normalement de trois années, tandis qu’à Singapour la durée d’un PhD est de 5 ans et au bout de deux ans c’est l’étudiant qui choisit et propose le sujet à l’issue d’une qualifying  examination.


Quelle est votre thématique de travail ?

Le sujet de ma thèse (« Réseaux de capteurs ad-hoc Ultra Wide Band : une analyse multi couche ») s’intéresse aux réseaux ad-hoc de capteurs UWB en partant de la couche physique pour remonter aux couches plus élevées : optimisation d'antenne, modélisation d'interférence, conception de récepteurs et transmetteurs, optimisation de débit et schémas coopératifs.


Pourquoi avoir choisi Singapour ?


J’ai vu l’annonce de la thèse sur Internet et comme je me trouvais à une période où j’avais à choisir entre chercher un emploi et continuer mes études avec un doctorat. Finalement, cela m’a paru très intéressant et j’ai décidé de déposer un dossier de candidature. J’ai été accepté.

Un élément important m’a incité à déposer ma candidature : le fait qu’en Roumanie j’avais entendu parler de l’institution NUS, étant donné que mon université avait des contacts avec eux. En plus, un de mes amis de lycée fait un PhD à Singapour. Il m’a parlé de son expérience là-bas, ce qui m’a permis d’avoir des informations concrètes et de m’aider à faire un choix que je ne regretterai jamais.


Comment s’organisait votre vie à Singapour ?

Singapour est une ville cosmopolite, très ouverte à l’international. Je pense que l’ouverture est une caractéristique essentielle de cette ville, qui est un véritable carrefour culturel.

J’ai essayé de comprendre une culture différente et de m’immerger dans un univers complètement distinct du monde européen. Le fait d’avoir été logé par des Singapouriens et des Chinois m’a beaucoup aidé à m’intégrer facilement et à trouver plein d’amis.

Le campus de Singapour est très grand.  Il faut se déplacer en bus, il y a du WiFi partout, un Mc Do, un Subway – les signes de la globalisation. Mais il y a aussi des choses spécifiques : par exemple, chaque université a un food court qui regroupe 7 ou 8 restaurants avec des spécialités culinaires différentes, où on peut goûter des plats provenant de tous les coins du monde.

Il est intéressant de mentionner qu’à Singapour on parle le Singlish, à savoir un mélange de singapourien et d’anglais. C’est très étonnant quand on l’entend pour la première fois, on trouve toujours des particules chinoises à la fin des mots anglais.

J’ai rapidement appris des mots chinois, de sorte que j’ai réussi à surprendre agréablement mes collègues.  Il paraît que je prononçais très bien !


Et après votre thèse ?

J’ai toujours été une personne à la recherche de choses concrètes, palpables. Voilà la raison pour laquelle j’ai souhaité travailler dans le domaine de la recherche appliquée. On fait des simulations, on fait des choses qui marchent et qui pourraient avoir des utilités pratiques dans les années à venir.  Par conséquent, j’ai choisi de travailler pour une société multinationale, qui s’est déjà affirmée dans le domaine des télécommunications.

Lors de ma soutenance, en vérifiant lesconnexions pour la visioconférence, je me suis rendu compte que le monde esttrès petit. Le jury de Singapour communiquait avec le jury français en dépit dela grande distance, en m’adressant une vingtaine de questions sans aucunedifficulté de communication. Les technologies actuelles nous offrent lapossibilité de surmonter les distances, ce que je fais aussi au jour le jourdans mon poste actuel.








 

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